Dans cette seconde partie de l’interview avec Charles Bosecker, matchmaker pour 360 Promotions, ce jeune talent émergeant a partagé ses perspectives sur divers aspects de son métier et les lutteurs qu’il a rencontrés en Californie. Découvrez ses anecdotes captivantes et ses vues sur le futur de la boxe.
BS: Quel a été le meilleur boxeur régional que les fans n’ont jamais vu?
Bosecker: Pedro Moreno de Sacramento. Oui, je l’ai managé. Nous avions tant d’espoirs et d’attentes. J’avais réussi à le faire signer avec Alex Camponovo de Thompson Boxing. Il était littéralement sur le point de participer à un ShoBox, il allait être en co-main event. On avait tout préparé pour qu’il devienne une star de Sacramento. Tout allait bien, mais il n’a jamais pu atteindre le poids requis. Il manquait toujours le poids lors de ses trois derniers combats. C’était l’une de mes plus grandes déceptions, quelqu’un en qui j’avais de grands espoirs.
BS: Cain Sandoval, qui est sous contrat avec 360 Promotions et partage le même coach, Marcus Caballero, que Moreno, comble-t-il ce vide?
Bosecker: Oui, Cain a non seulement répondu aux attentes, mais il les a surpassées à mon avis. J’avais de grands espoirs pour Pedro Moreno, et je suis très optimiste quant aux perspectives de travailler avec Cain Sandoval.
BS: Quel est le potentiel futur champion chez 360 Promotions?
Bosecker: Gor Yeritsyan. Vous vous souvenez de son dernier combat contre Quinton Randall? Quinton Randall est un boxeur de haut niveau, très difficile à gérer. Randall avait affronté Brian Norman avant Gor, et Norman est maintenant pratiquement champion. En comparant les deux combats, Gor a mieux performé contre Randall que Norman, à mon avis. Ce dernier combat était très difficile, pas en termes de gros coups, mais en termes de technique, de défense et de jab.
Pour moi, Gor a montré de nombreuses facettes techniques de son jeu que je n’avais pas vues auparavant. Il a énormément de compétences dans son arsenal, et je crois qu’il est à un combat près de pouvoir concourir pour un titre mondial.
BS: Quelle est votre philosophie en matière de matchmaking?
Bosecker: C’est faire de bons combats. Il n’y a pas de formule magique ou de livre à suivre. Chaque chemin dépend des combattants et des circonstances. Je fais mes devoirs, je me renseigne sur chaque combattant afin de m’assurer que ce sera un grand combat, sur le papier, à la télévision et pour les fans. Mon objectif est de construire chaque combattant en fonction de leur niveau, de les faire évoluer correctement.
BS: Une anecdote intéressante dans un gym?
Bosecker: Mon histoire préférée est celle de mes débuts en boxe. À l’époque, les gens me disaient de sortir de leur gym car personne ne me connaissait. Je distribuais des cartes de visite, essayant de matcher des combattants, mais on me disait souvent de m’en aller. J’étais à Los Angeles, sans nommer de gyms, simplement en essayant de faire des contacts.
Aujourd’hui, les choses ont changé. Typique des débuts difficiles, j’ai beaucoup souffert pour arriver ici. Au début, beaucoup de portes se sont fermées. Aujourd’hui, j’ai une meilleure réputation et du respect, mais ça n’a pas été facile.
BS: Regardez-vous parfois en arrière pour voir le chemin parcouru?
Bosecker: Tout le temps. Je réfléchis beaucoup de nos jours. J’ai un travail à faire, non seulement pour moi et ma carrière, mais aussi pour ces combattants et pour la boxe. Je tiens ce sport et cette promotion très à cœur. Je me sens obligé de bien faire pour les fans.
BS: Le Hall of Fame, cela compte pour vous?
Bosecker: Oui, je veux être dans le Hall of Fame et que les gens parlent de moi. Chaque combattant que je veux sur un show doit viser non seulement la victoire aujourd’hui, mais aussi devenir champion un jour.
BS: Vous avez commencé comme fan de l’UFC et aujourd’hui vous organisez des combats sur UFC Fight Pass. Que pensez-vous de cette évolution?
Bosecker: Ce qui est fou, c’est qu’il y a environ dix ans, j’avais contacté Dana White via les réseaux sociaux, lui disant que je pourrais être son matchmaker de boxe s’il entrait dans ce domaine. Et aujourd’hui, une décennie plus tard, je fais des combats sous UFC Fight Pass. C’est un honneur et parfois je dois me pincer pour y croire. La persistance porte ses fruits, et c’est pourquoi on est ici aujourd’hui.