Campbell Hatton, ce prénom choisi parmi tant d’autres, illustre le cheminement d’un homme qui porte un héritage lourd. À 23 ans, Campbell présente un palmarès de 14 victoires contre 2 défaites (5 KO), et a récemment subi une nouvelle défaite, la deuxième consécutive face au même adversaire, James Flint. Cette perte représente une réalité difficile à encaisser, d’autant plus qu’elle survient face à un boxeur qui, tout en étant talentueux, n’a pas su décrocher un titre important au niveau national.
Évoquer le nom Hatton, c’est évoquer le poids d’une histoire familiale ancrée dans le monde de la boxe. Le père de Campbell, Ricky Hatton, a été un champion du monde emblématique, gravant son nom dans les annales du sport. L’héritage de Ricky est indéniable et lui a offert à son fils des ouvertures que peu d’autres boxeurs peuvent espérer. « Si le gars [Hatton] avait 29 ou 30 ans, vous diriez, ‘C’est fini pour lui,’ mais il profite de ce qu’il fait. Je pense qu’actuellement, le niveau de Campbell Hatton est celui du championnat régional et du titre anglais – ce n’est pas un déshonneur, beaucoup de boxeurs n’atteignent même pas ce niveau » a déclaré Eddie Hearn, promoteur de ce combat.
Matthew Hatton, le frère de Ricky, avait lui aussi tenté de faire sa marque dans la boxe, émergeant dans l’ombre du succès de son aîné. Matthew devait accepter que ses réalisations seraient toujours comparées à celles de Ricky. De la même manière, Campbell semble faire face à ce même défi : non seulement il doit prouver sa valeur sur le ring, mais il doit aussi se forger une identité propre en naviguant dans une sphère où son nom peut parfois être une entrave.
Le poids de ce nom, en particulier dans le milieu de la boxe britannique, est omniprésent. Historiquement, il attirait des foules énormes lors des combats de Ricky à Manchester, créant une atmosphère euphorique et des chants dédiés. Toutefois, il convient de noter que des boxeurs ayant le même patronyme n’ont pas toujours reçu le même traitement, et c’est à Campbell de se frayer un chemin.
Alors que la boxe britannique fait face à un déclin, il devient crucial de se démarquer. C’est un monde où la compétence seule ne suffit plus ; il faut s’imposer. Ricky Hatton a exprimé son soutien à son fils via les réseaux sociaux après la défaite : « Encore un combat serré pour le garçon la nuit dernière. Tout le monde a son avis. Je pensais qu’il avait perdu le premier combat de peu, mais je croyais qu’il avait gagné le second par un léger avantage… Une chose est certaine, ce furent deux magnifiques combats. »
Pour Campbell, le chemin est encore long. À cet âge, il doit non seulement se développer en tant que boxeur, mais aussi en tant qu’homme. L’angoisse de porter le nom Hatton ne doit pas le dévorer. Son parcours doit être à lui seul, indépendant des attentes placées sur lui. De nombreux fils de champions célèbres finissent par s’égarer, pris dans une spirale où la recherche de la gloire prime sur l’authenticité.
Campbell Hatton a la chance d’évoluer dans un environnement où il peut apprendre, mais à sa manière, sans avoir à se plier à des standards irréalistes. Il n’a pas à devenir son père pour être un succès. Au contraire, même s’il n’atteint pas le même niveau que Ricky, il a montré qu’il n’a pas terni le nom familial.
Alors que la boxe continue d’évoluer, le défi pour Campbell sera de naviguer entre son héritage et ses aspirations personnelles. Le regard de son père, rempli de fierté, restera son meilleur soutien. Campbell Hatton peut devenir son propre homme, et peut-être, un jour, tracer sa propre voie, loin des projecteurs flatteurs mais, souvent, déformants, de la boxe professionnelle.