Troy Jones, champion anglais des poids lourds légers, se prépare à défendre son titre pour la première fois face à Michael Stephenson. Le combat est prévu dans sa ville natale, Birmingham, et sera un combat de sous-carte lors de l’affrontement très attendu entre Sunny Edwards et Galal Yafai.
Avec un palmarès de 11 victoires (6 KOs), Jones et son entraîneur, Lee Beard, ont passé de nombreuses heures à s’entraîner dans la salle et dans des petites salles, accumulant de l’expérience et perfectionnant son art. À présent, ils sont prêts à montrer l’évolution de son jeu.
Beard ne projettera pas une version complètement aboutie de Jones sur les écrans de télévision le 30 novembre, mais cette occasion de se produire sur une si grande scène est un pas de plus dans la progression de ce boxeur de 26 ans.
“Il travaille très dur. Il n’a jamais cessé de s’entraîner. Quand j’ai besoin de lui à la salle, peu importe si c’est sept jours sur sept, il est présent,” déclare Beard. “Sa éthique de travail, combinée à son approche mentale et physique face à son art, est primordiale. L’apprentissage est un processus continu, mais il a atteint un stade où il peut faire un peu de tout.”
En tant qu’entraîneur technique, Beard souligne l’importance de perfectionner les détails parfois passés inaperçus. Que les boxeurs soient engagés dans un combat rapproché ou à distance, il leur enseigne à maintenir leur forme, à poser des pièges et à reconnaître les moindres changements de momentum pour les exploiter.
De nombreux observateurs ont tendance à sous-estimer Jones, le cataloguant comme un boxeur qui plaît au public mais se retrouve souvent coincé face à des adversaires capables de neutraliser son attaque. Quiconque succombe à cette idée préconçue risque une surprise désagréable. Passer des années avec Beard signifie nécessairement acquérir un style nécessitant une gamme d’outils beaucoup plus complète qu’un simple jab et une bonne endurance.
“Mon principe avec tous mes boxeurs, que vous soyez un combattant offensif ou que vous préfériez la défensive, est de couvrir tous les aspects,” explique Beard. “Vous devez être à l’aise dans chaque zone du ring. Selon votre position, il faut savoir se défendre et initier ses attaques.”
“Troy aime être sur le pied avant, mais ma méthode est de prendre l’initiative tout en contrôlant le centre du ring. J’apprécie que mes boxeurs dominent le centre, construisent leurs attaques tout en restant intelligents sur le plan défensif. Même si tout ne se met pas en place immédiatement, il convient de briser l’adversaire progressivement.”
“Intégrer cette patience dans l’esprit de Troy a été un défi au départ. Bien qu’il soit désireux d’apprendre, il avait tendance à se précipiter dans le combat,” se souvient Beard. “Mais il a su s’adapter et forger un style personnel. Sa performance contre Leon Willings, où il a remporté le titre anglais en août dernier, en est la preuve. Bien qu’il reste convaincu de sa force dans un échange direct, il a compris qu’il pouvait améliorer ses chances en choisissant judicieusement le moment d’engager le combat.”
Beard travaille à faire comprendre à Jones que l’échange total doit être une option de secours, et non un objectif.
“Il peut rapidement changer son approche. Que ce soit en se concentrant sur son jab, en prenant une position plus éloignée, ou en feintant tout en prenant le temps de gérer le combat,” indique Beard. “C’est un boxeur qui sait maintenant qu’il peut agir sans la pression de devoir faire plus.”
“Il n’hésitera pas à se battre, il a cette combativité en lui. Mais il doit comprendre qu’il est essentiel d’être plus stratégique. Il ne suffit pas de foncer dans le tas, car il y aura toujours quelqu’un d’un peu meilleur que vous dans une telle approche, il est donc crucial d’avoir un plan B.”
John Evans contribue à divers médias et sites renommés depuis plus d’une décennie. Vous pouvez suivre John sur X @John_Evans79