Marquis Taylor : Un boxeur à la recherche d’opportunités dans la catégorie des poids moyens
Marquis Taylor, boxeur prometteur des poids moyens, a récemment connu un tournant décisif dans sa carrière en infligeant sa première défaite au talentueux prospect cubain Yoelvis Gomez. Cependant, malgré ce succès retentissant, le téléphone de Taylor est resté désespérément silencieux. Au lieu de recevoir l’appel tant attendu pour un grand combat, c’est l’ancien champion Shawn Porter qui a pris l’initiative de tendre la main.
Depuis deux mois, Taylor, qui affiche un palmarès de 17 victoires, 1 défaite et 2 nuls (3 KO), collabore avec Porter. Cette alliance, fondée sur un style de combat similaire, a permis à Taylor de peaufiner ses compétences en vue de conquérir les sommets de la division des poids moyens. Porter, double champion du monde, s’est attaché à affiner l’ensemble des capacités techniques de son protégé.
Le dernier combat de Taylor a eu lieu en août, lorsqu’il a arrêté Roberto Garcia, qui affiche un bilan de 47-7-1 (29 KO) au cinquième round. En avril prochain, le boxeur originaire de Galena Park, au Texas, célébrera une décennie sans défaite. À l’aube de ses 31 ans, il a connu une évolution marquante, tant sur le plan physique que sportif, en passant de la catégorie des poids super légers (un peu plus de 63,5 kg) à celle des poids moyens (72,6 kg).
« Je grandissais encore », confie Taylor. « Quand j’étais amateur, je combattais à 63,5 kg, donc lorsque je suis passé professionnel, je pensais rester dans cette catégorie. Mais je continuais à grandir. Je suis passé de 1,78 m à 1,88 m. Après mes premières rencontres professionnelles, je ne pouvais plus faire 63,5 kg, alors je suis monté à 66,7 kg, puis 69,9 kg, et enfin 72,6 kg. Je pensais qu’en étant un poids moyen plus léger, j’aurais plus d’opportunités, mais ce ne fût pas le cas. »
La victoire sur Gomez, diffusée sur Showtime, semblait être le moment décisif de sa carrière. Malheureusement, cela s’est rapidement transformé en bénédiction empoisonnée. « Mon père l’avait prévu après le combat, » explique Taylor. « Il m’a dit : ‘Tu ne recevras plus d’appels pour des combats.’ J’étais persuadé d’obtenir au moins un grand combat par an. Il avait raison. Aucune offre pour le rôle de challenger, rien. Même en tant que combattant principal, personne ne veut me rencontrer. »
Malgré cette frustration, Taylor demeure concentré et motivé, convaincu que son heure viendra. « C’est parfois difficile, mais j’ai trop de personnes qui croient en moi pour abandonner, » ajoute-t-il. « Lors de mes sparrings avec des boxeurs invaincus et des champions ici à Houston, et alors que je ne donne que 60 % de mes capacités, je sais que je suis trop bon pour arrêter maintenant. »
Face à la rareté des combats d’envergure, Taylor adopte une approche stratégique en visant à devenir challenger obligatoire auprès des organisations de boxe pour forcer une rencontre. « Je viens de défendre mon titre NABF et je suis passé du rang 30 au 19, » précise Taylor. « Mais c’est drôle, tous les 18 boxeurs qui sont devant moi ne voudraient jamais me combattre. »
En regardant vers l’avenir, Taylor fixe désormais son attention sur les plus grands noms de la catégorie des poids moyens. Lorsqu’on lui demande quels adversaires l’intéressent, sa réponse est sans équivoque : il vise les champions. « Je veux Janibek, Carlos Adames et Erislandy Lara ! » déclare-t-il avec détermination.