Les combats de boxe, au-delà des résultats affichés, révèlent souvent des récits plus profonds. Après la défaite aux points de Serhii Bohachuk face à Vergil Ortiz Jr. le 10 août, les réactions du promoteur Tom Loeffler et de l’entraîneur Manny Robles laissaient voir deux niveaux de dialogues. Ils se sont exprimés sur ce qu’ils considéraient comme un résultat erroné, plaidant en faveur de leur boxeur. Mais derrière ces mots se cachait une réalité émotionnelle : la perte d’un espoir pour un combattant qui a déjà traversé tant d’épreuves.
Pour Bohachuk, quitter l’Ukraine en proie à la guerre pour se lancer dans la carrière boxe à l’étranger n’a pas été de tout repos. Ses mentors ne le voient pas simplement comme un athlète, mais comme quelqu’un qu’ils ont protégé et soutenu. Loeffler a déclaré : « Perdre une décision dans un combat comme celui-ci, c’est frustrant. » Robles a ajouté : « Tu n’es pas juste un entraîneur, tu es une figure paternelle pour lui. Tu changes des vies. »
La victoire aurait été cruciale pour Bohachuk, qui n’est pas associé aux plus grands promoteurs de la boxe. Une défaite implique des répercussions sérieuses, surtout dans un monde où les opportunités sont rares. Après leur combat acharné de 12 rounds, Bohachuk et Ortiz ont dû se rendre à l’hôpital pour des examens préventifs. Loeffler et Robles ont alors cherché à défendre le cas de Bohachuk, espérant convaincre le WBC d’accorder une nouvelle chance à leur protégé, car le marché des fans et des diffuseurs reste primordiale.
Leurs arguments s’appuient sur un fait que chaque promoteur et entraîneur utilise : la fameuse philosophie selon laquelle celui qui touche le plus d’adversaires mérite de gagner. Loeffler a lancé que « Serhii était celui qui faisait avancer le combat, qui touchait plus que Vergil. » En fait, les statistiques de CompuBox montrent qu’Ortiz a dépassé Bohachuk en nombre de coups portés, 120 kg contre 102 kg de Bohachuk. Loeffler a ensuite insisté sur le fait que l’historique des knockdowns de Bohachuk dans les rounds 1 et 8 aurait dû jouer en sa faveur.
Si l’on analyse chaque round, la vérité réservée par les juges n’est pas nécessairement alignée sur les chiffres, puisque le scoring de la boxe dépend aussi de la puissance des coups, leur impact et la manière dont ils sont reçus par l’adversaire. Si Bohachuk a vraiment touché Ortiz, on ne peut pas ignorer que les juges ont estimé qu’Ortiz avait le dessus dans plusieurs rounds.
Robles a insisté sur l’importance des knockdowns, rappelant des exemples où des boxeurs ont triomphé malgré des chutes. Klitschko, par exemple, avait été mis au tapis trois fois mais a remporté le combat. Pourtant, ces knockdowns ne garantissent pas automatiquement une victoire, comme le montre la pertinence des performances tout au long du combat.
Les juges, eux, ne s’appuient pas sur le visage des boxeurs pour déterminer le gagnant, même si les coups laissés sur leur visage peuvent en dire long sur l’intensité du combat. Comme le soulignent les lignes directrices pour les juges, « Ne laissez pas le sang ou le gonflement d’un boxeur influencer votre jugement. »
Pour conclure, la controverse entourant cette décision souligne des vérités souvent négligées : les déficits de responsabilité des juges, qui ne sont que rarement interrogés sur leurs décisions. Une situation que Robles a décrite comme inadmissible.
En ce qui concerne Bohachuk, malgré sa défaite, il reste un prétendant dans la catégorie des super-welters, un secteur en pleine évolution suite à des changements de titres. Le fait qu’il ne soit pas lié à un promoteur majeur pourrait aussi jouer en sa faveur, lui permettant la flexibilité de se battre contre divers adversaires. Un retour imminent semble inévitable, car Bohachuk est connu pour sa résilience et sa capacité à revenir à la charge.