Dans le monde complexe de la boxe, la présidence d’un organisme de sanctionnement est une fonction délicate, semblable à celle d’un pape, où chaque décision a des répercussions profondes. Les dirigeants en place à la tête de la World Boxing Organization (WBO), de la World Boxing Council (WBC), de la World Boxing Association (WBA) et de l’International Boxing Federation (IBF) ont en moyenne un mandat de 15 ans, ce qui témoigne de la longévité et, pour certains, de la quasi-dictature.
La semaine dernière, Gustavo Olivieri, avocat de 40 ans originaire de Porto Rico, a succédé à Francisco “Paco” Valcarcel à la présidence de la WBO, après un règne de 28 ans de ce dernier. Ce changement de garde s’est produit lors d’une convention qui a également vu la participation des autres dirigeants des grands organismes, à savoir Mauricio Sulaiman de la WBC, Gilberto Mendoza Jnr de la WBA, et Daryl Peoples de l’IBF.
Olivieri a exprimé sa détermination à élever le sport à de nouveaux sommets, son désir d’utiliser le bon sens et de plaider pour la justice dans un domaine souvent imprévisible. Il a des enjeux importants à traiter, notamment la désignation d’un adversaire obligatoire pour son champion populaire des super légers, Teofimo Lopez, et a également reçu une pétition de l’ancien champion des welters, Errol Spence, pour être inclus dans le top 15 afin d’affronter le champion des juniors moyens, Sebastian Fundora. Olivieri a reconnu que bien que Spence ait des arguments en sa faveur, son inactivité prolongée et sa récente défaite par TKO complique les choses : « Je dois respecter mes règles de manière constante et appropriée. C’est un cas très particulier. »
En évoquant le potentiel affrontement entre Spence et Fundora, Olivieri a souligné l’importance d’être attentif à chaque décision prise, estimant que la boxe doit avant tout profiter aux boxeurs. Désireux de ne pas interférer négativement, il a exprimé son ouverture à modifier certaines règles si nécessaire, défendant l’idée que les lois changent et que les organismes doivent s’adapter.
Il a également été question de sa relation avec “Paco” Valcarcel, dont il veut tirer les leçons tout en apportant sa propre vision à la WBO. Selon Olivieri, une attention particulière sera accordée à la sélection des adversaires obligatoires, car la transparence dans les défis pour le titre est essentielle : « Le WBO ne désignera pas un obligatoire simplement parce qu’il est n°1. »
Concernant les champions d’autres organisations, il a affirmé qu’aucune évaluation n’est prévue pour l’instant, même s’il reste ouvert à des collaborations pour encourager les combats d’unification. La question des tests antidopage a également été abordée, Olivieri indiquant que la surveillance relève des commissions locales, bien que la WBO promeuve des procédures de test.
Olivieri a également abordé le sujet des relations avec l’Arabie Saoudite, confirmant avoir refusé des propositions de sponsorship de la part de Riyadh Season, tout en respectant l’énorme travail effectué par cette initiative pour la boxe.
Enfin, en ce qui concerne des combats très attendus comme celui entre Canelo Alvarez et Terence Crawford, Olivieri a souligné que des pourparlers sont envisagés, malgré la complexité des relations commerciales entre les acteurs du milieu. Le nouveau président a, par ailleurs, évoqué une vision sur le long terme, précisant que les changements sont nécessaires : « ‘Paco’ a légitimé la WBO. Mon intention est de maintenir cette crédibilité tout en intégrant innovation et technologie. »
Olivieri conclut en affirmant qu’il est conscient des critiques selon lesquelles la WBO serait trop proche des promoteurs comme Bob Arum et Top Rank, un sujet qu’il aborde avec sérieux, prêt à prendre les mesures adéquates pour maintenir l’intégrité de l’organisation.