Dans le monde frénétique des sports de combat, où les frontières sont aussi fluides que les coups échangés sur le ring, le Montréalais Russ Anber se démarque comme un véritable globe-trotter dédié à son art. À 63 ans, ce vétéran du coin du ring n’hésite pas à parcourir le monde, offrant son expertise là où les poings se rencontrent avec destinée. Avant de démarrer cette odyssée internationale, Anber a dû célébrer son anniversaire en avance en compagnie de son épouse Stéphanie et de sa fille Julia, une conséquence directe de son engagement auprès d’Oleksandr Usyk, pour lequel il s’est rendu dans le camp d’entraînement à Valence, en Espagne.
Le périple d’Anber l’a d’abord mené en Allemagne, où il a contribué au triomphe de Bakhram Murtazaliev contre Jack Culcay pour le titre IBF des super-welters (69kg) le 6 avril. Puis, il a été rappelé aux côtés d’Usyk, avant de s’envoler pour Perth, en Australie. Là, il soutiendra Vasyl Lomachenko, un autre compatriote d’Usyk et fidèle combattant dans le camp d’Anber, dans son affrontement contre George Kambosos Jr pour le titre IBF des légers (61kg) vacant le 12 mai. Cette série de voyages ne s’arrête pas là, puisque Anber rejoindra ensuite Usyk et son équipe à Riyad, en Arabie Saoudite, pour le combat tant attendu contre Tyson Fury le 18 mai, avant de potentiellement se diriger vers Leeds pour la revanche de Josh Taylor contre Jack Catterall le 25 mai.
Voilà un calendrier qui ferait tourner la tête à bien des voyageurs, mais Anber, lui, en parle avec une passion qui transcende la fatigue. “Globalement, je serai à Valence jusqu’au 7 mai,” raconte Anber depuis le Portugal, où il faisait escale en route vers l’Espagne. De Valence, son périple l’amènera en Australie aux côtés de Lomachenko pour une escale de quatre jours. Cette capacité à jongler entre les fuseaux horaires, les cultures et les camps d’entraînement est sans doute ce qui fait d’Anber un atout si précieux pour les combattants qu’il accompagne.
L’expérience d’Anber avec Usyk est particulièrement révélatrice de l’harmonie qui peut exister entre un entraîneur et son poulain, même à travers les barrières de la langue. La communication avec Usyk, facilitée par un interprète, révèle une synchronisation presque télépathique avec Yuri Tkachenko, le chef d’entraînement d’Usyk. “Nous sommes sur la même longueur d’onde en ce qui concerne les tactiques à utiliser contre Fury,” explique Anber. Cette relation n’est pas seulement professionnelle, mais empreinte d’une confiance et d’un respect mutuels qui transcendent les mots.
Outre les défis professionnels, Anber fait face aux réalités du voyage constant, y compris le décalage horaire, qui le frappe souvent lors de ses séjours au Royaume-Uni. Il espère également convaincre son épouse Stéphanie de le rejoindre quelque part lors de cette odyssée. Leur relation, forte de 24 ans de mariage, est une source de soutien inébranlable pour Anber, une preuve de l’équilibre entre dévouement familial et professionnel.
Alors que Russ Anber se prépare pour son prochain rendez-vous à Manchester le 13 avril, où il assiste Jack Turner dans sa préparation contre Abdul Kesi Ngaoma, le monde des sports de combat retient son souffle. Anber, avec sa valise toujours prête et ses bandages à portée de main, continue d’inscrire son nom parmi les figures les plus respectées et dévouées de la boxe internationale.