Cinquante ans de l’Affrontement : Ali contre Foreman à Kinshasa
Ce mercredi marque un événement marquant dans l’histoire du sport : cinquante ans depuis que Muhammad Ali a provoqué un véritable tremblement de terre dans le monde de la boxe. C’était le 30 octobre 1974, à Kinshasa, Zaire, où il a créé la surprise en battant le grand favori, George Foreman, stoppant le champion poids lourd au huitième round.
Tris Dixon discute avec Gene Kilroy, l’un des proches d’Ali et conseiller économique, qui se remémore ces événements extraordinaires.
La genèse d’un combat mythique
Pour comprendre l’ampleur de cet affrontement, il est essentiel de se replonger dans son contexte. Ali, champion en 1964, avait dû céder son titre pendant dix ans. En revanche, Foreman, à cette époque, était perçu comme un boxeur arrogant, peu enclin à la communication. Ce n’est qu’après l’intervention de Barry Bernstein et Hank Schwarz, qui ont rassemblé les fonds nécessaires grâce à John Daly, un grand producteur de cinéma, que l’affiche a réellement pris forme. Mobutu, dirigeant du Zaire, souhaitait également promouvoir le tourisme dans son pays, et a donc apporté son soutien à l’événement.
Cependant, Foreman était initialement réticent à affronter Ali, préoccupé par la perception d’un combat contre un "vieil homme". C’est alors que Don King a tenté de convaincre Foreman, lui promettant la somme conséquente de 5 millions de dollars pour le combat. Cette somme a finalement réussi à le convaincre de signer le contrat.
La préparation à l’affrontement
Avant le combat, Foreman a affronté Kenny Norton à Caracas, au Venezuela. Si Norton avait gagné, tout l’accord aurait été annulé, mais Foreman a remporté ce duel. Lors de l’interview suivant le match, Ali, présent dans les parages, a montré sa détermination et sa résilience, insistant sur le fait que les reporters américains, qui lui avaient souvent fait mauvaise presse, seraient accueillis différemment à Kinshasa.
Ali avait une confiance inébranlable. Il passait ses journées à se détendre et à regarder des films, se sentant protégé et en paix loin des regards critiques qui l’assaillaient habituellement.
Dans les coulisses du combat
L’atmosphère dans le vestiaire le jour du combat était électrique. Avant d’entrer dans le ring, Ali exprimait sa détermination, tandis que la tension montait chez Foreman, qui se disait impatient de se venger des paroles d’Ali. Gene Kilroy se souvient d’une scène où Ali, face à un Foreman visiblement nerveux, lui a révélé : "Il n’a pas Allah, moi j’ai Allah."
Au fil des rounds, Ali mit en œuvre sa stratégie du "rope-a-dope", se laissant frapper par un Foreman trop sûr de lui pour l’épuiser. Au huitième round, quand Ali porta un jab suivi d’un coup de poing décisif, Foreman s’effondra, laissant le monde sous le choc.
Un événement marquant
Cette victoire a non seulement redéfini la carrière d’Ali, mais a aussi profondément changé Foreman, le menant à embrasser la foi et à chercher une nouvelle voie dans la vie. Dans les heures qui ont suivi le match, alors que la pluie s’abattait sur Kinshasa, il était évident que cette rencontre échappait à un simple événement sportif. Le combat était devenu un symbole de l’esprit humain, de la lutte contre l’adversité, et de la résilience.
Kilroy souligne que cet affrontement représentait l’un des points culminants de la carrière d’Ali, une performance qui continuera d’être célébrée et souvenue par les générations futures.
Legacies Contrasts
Aujourd’hui, l’impact de cette rencontre transcende les simples chiffres et les gains financiers. Cette bataille n’était pas juste un sport, mais une partie intégrante de l’histoire. Le combat Ali-Foreman est emblématique, et, même des décennies plus tard, ceux qui étaient jeunes à l’époque se souviennent précisément de l’endroit où ils se trouvaient lorsque la victoire d’Ali sur Foreman a été annoncée, gravant cet événement dans leur mémoire collective.
En somme, ce 30 octobre 1974 a été une date marquante où la boxe a retrouvé son âme et son rôle emblématique dans le monde du sport.